Je suis un
Ange que les doigts
démangent d'écrire
quelque chose.
Le seul
problème c'est que je ne sais pas
quoi écrire.
Ici, je ne dévoile
rien du
genre d'
écrits que j'adopte, ou alors, je le
souligne juste d'un trait léger,
aérien, presque invisible pour l'oeil de celui qui n'est pas
habitué.
Et pourtant j'ai une envie
irrépressible d'écrire. Mes doigts s'agitent,
survolant les touches, sans pour autant les
appuyer. Cela a quelque chose de
frustrant.
Mais non, cela commence à prendre
forme dans mon esprit, cela s'assemble
doucement, ne surtout pas
précipiter...
Et
Voilà.
C'était un soir d'hiver, comme tout les soirs d'hiver depuis maintenant trois semaines : il faisait froid et il pleuvait.
Dans les rues, il n'y avait personne. Seule l'eau semblait avoir pris le contrôle de la ville, occupant les routes, comblant les fossés, dévalant la petite cité.
Mais lorsque l'on était un peu plus attentif, on remarquait que quelque chose ou quelqu'un restait là, sans bouger, assis sur le banc d'un parc pour enfants. On aurait dit que ni le froid, ni la pluie, ni le vent qui soufflait ne pouvait l'atteindre. Cette...chose avait le physique d'un homme, bien que ses traits étaient fins et ses cheveux mi longs d'un noir de jais. Une chose pourtant le distinguait des autres hommes. En effet, de son dos sortaient de longues ailes, l'une noire, l'autre blanche, qui encadraient son frêle corps.
Le jour, ses ailes devenaient transparentes, rendant plus facile son intégration sur la terre des hommes. Mais lorsque la nuit tombait, ses ailes reprenaient consistance et l'empêchaient de sortir dans la rue. Les Hommes sont si étroits d'esprit quand quelque chose diffère de leurs habitudes...
C'est pour cela qu'il aimait les nuits d'hiver. Il pouvait se promener dans la ville, s'asseoir où il voulait sans avoir peur qu'on le montre du doigt et être certain que le lendemain il serait enfermé dans un cirque.
De plus, la pluie était un phénomène climatique qu'il affectionnait tout particulièrement, allez savoir pourquoi. Elle l'apaisait, le rassurait, le protégeait de son fin rideau de gouttes. Elle le protégeait des autres.
Ses yeux charbonneux étaient rivés sur le sol et il semblait être plongé dans ses pensées, assis sur son banc froid depuis plusieurs heures déjà. Il réfléchissait aux sept dernières années qu'il avait vécues sur Terre.
Sept ans, déjà...
Tout avait commencé lorsque l'Autre l'avait chassé de son petit coin de paradis, le punissant d'une faute dont il était innocent en l'envoyant sur Terre.
'
Tu chercheras ce qui te ressembleras le plus' furent les dernières paroles du Grand, avant de le pousser, tête la première dans cet enfer terrestre.
Ce qui me ressemble le plus...
Il avait cherché partout, vraiment. Il avait pensé à sa réincarnation animale [le hérisson *PAAAAF*], la pierre qui lui correspondrait, les livres... Il avait même consulté ce que l'on appelle ici 'voyante' pour essayer de lui indiquer une voie à suivre. Mais celle-ci avait répondu complètement à côté de la question en lui disant que
'quelque chose arrivera dans votre vie qui chamboulera tout et vous fera retourner à la case départ'. Et dire qu'il avait payé 50¤ pour cela... C'était assez pathétique.
Il se remémorait tous ces évènements, tous les chemins qu'il avait pu traverser, pensant être sur une piste pour retourner
Là-Haut. Il évitait les gens le plus possible, c'était un solitaire, pensant qu'il n'avait besoin de personne d'autre que de lui-même. Il aimait le silence qui régnait autour de lui et se demandait comment faisaient les Hommes pour être constamment entourés de bruit, même la nuit [ronflement du conjoint par exemple...]. D'un certain côté, il les méprisait. Ou pire, il y était complètement indifférent, comme un homme qui regarde une fourmi.
Il en était là, à se demander ce qu'il avait pu mettre de côté lorsqu'un craquement sur sa droite le fit sursauter, le tirant ainsi de ses pensées. Il ne bougeait plus, étant sur ses gardes et ses sens en alerte. La pluie continuait de tomber drue mais cela ne l'empêchait pas de percevoir une présence qu'il ne sentait pas hostile.
Il attendit donc et remarqua que les branches des arbres oscillaient et craquaient, mais que cela n'était certainement pas dû au vent. Il fixait ces arbres, sentant la chose se rapprocher se plus en plus. Son coeur tambourinait dans sa poitrine, dans ses tempes, dans ses jambes. Il était anormalement stressé et cela n'était pas vraiment bon signe. Il ne savait pas quoi faire, n'arrivait pas à analyser la situation et restait figé sur son banc.
'Une grande première !' pensa-t-il amèrement.
Enfin, il distingua une silhouette se dégager des arbres et s'avancer vers lui.
Une silhouette qui avait un corps d'homme mais dont les ailes venaient démontrer sa nature angélique. L'androgyne regardait le nouvel arrivant, essayant de le cerner, essayant seulement d'entrevoir les traits de son visage. L'orage gronda, l'éclair déchira le ciel et l'espace d'un instant, il put voir.
Il put voir que c'était un homme dont les traits étaient presque semblables aux siens. Il put voir ses longues dreads retenues en arrière et son regard doux. Mais surtout, il put voir que les ailes de l'Ange se tenant face à lui était de couleurs différentes : la première était noire, la seconde, blanche.
-
Je t'ai enfin trouvé, mon semblable, celui qui me ressemble le plus...L'Ange androgyne n'en croyait pas ses oreilles. C'était le même discours qu'il aurait dû tenir. Jamais il n'aurait imaginé que ce qui lui ressemblait le plus était un Homme et encore moins un Ange qui portait le signe de la déchéance. Il s'était fait devancer.
Mais après tout, y avait-il réellement un gagnant et un perdant ?
Pouvait-il considérer cela comme un jeu qui s'était un peu trop éternisé?
Il n'en savait rien, et après tout, il s'en moquait éperdument. Il ne pouvait le quitter des yeux et le voulait encore moins. C'était comme si quelque chose, au fond de lui, s'était ressoudé et il ne voulait quitter cet état pour rien au monde. C'est pourquoi lorsque son double lui tendit la main, il la saisit après quelques secondes de réflexion et se leva pour marcher à ses côtés.
Une partie du rideau de pluie sembla se lever et une douce lumière apparue, paraissant venir de ce nouvel espace créé. L'Ange aux dreads regarda son vis-à-vis, jugeant si celui-ci était prêt à passer de
l'Autre Côté. Il eut pour toute réponse une main qui serra d'avantage la sienne. Il sourit et s'enfonça dans la brèche, bientôt suivi de l'androgyne.
La dernière pensée terrestre de celui-ci fut que la voyante ne l'avait pas tant escroqué que ça.
Voilà.
A présent, si vous le voulez bien, je vous fais
participer à un petit
jeu. Celui qui me donnera la réponse la plus
originale aura sa réponse dans l'article et un
lien.
Voici la question : A votre avis, De quoi l'Autre [ou le Grand] a-t-il accusé l'Ange brun?
Je suis un
Ange dont l'
envie d'écrire s'est
apaisée.
[ P.S : Un grand merci à Sophie pour m'avoir lue et corrigée <3 ]